La Maison de Santé Virtuelle

Rétinopathie diabétique en milieu rural : un nouveau parcours télémédical préventif grâce aux IDEL

Publication : 28 octobre 2022
Affichages : 1632

Le taux de prévalence du diabète ne cesse d’augmenter ces dernières années : il touchait 1,6 million de personnes en 2000 pour 4,1 millions de personnes en 2017. Et cela n’est que le reflet national d’une croissance mondiale estimée à 622 millions de personnes en 2040 (Yau JW et al. Meta-analysis for eye-disease (META-EYE) study group. Diabetes care 2012). Mais revenons dans l’Hexagone où malheureusement, tous les diabétiques, et particulièrement les patients âgés, isolés, en manque de mobilité et résidant dans des territoires ruraux, ne bénéficient pas d’un suivi ophtalmologique annuel tel que recommandé par l'HAS, par manque d'ophtalmologistes et d'orthoptistes.

 
 
 
En effet, si dans le cadre de cette maladie chronique, la bonne gestion de la glycémie et de l’alimentation sont primordiales, une autre pathologie importante en découle : la rétinopathie diabétique (abréviation RD). Quid ? Il s’agit d’une diminution de l'acuité visuelle pouvant conduire rapidement à une totale cécité (1ère cause de cécité chez les sujets de moins de 60 ans). Pour les RD proliférantes, deux semaines suffisent à réduire considérablement l’état de la vue. Autre élément à charge, après 20 ans d'évolution du diabète, plus de 75 % des diabétiques ont une RD. De plus, son taux de dépistage chez les diabétiques est inférieur à 50 % et la prise en charge est souvent bien trop tardive étant donné qu’il faut entre 6 et 14 mois pour obtenir un rendez-vous avec un ophtalmologiste en zone rurale, sans compter les problèmes de transport des patients ou leurs comorbidités.
 

Maintenant que le problème est posé, quelle solution envisager ?

 

La plus simple est d’effectuer une rétinographie annuelle. Avec un diagnostic précoce, la RD peut être traitée efficacement. Le dépistage peut s’organiser via une consultation directe chez l’ophtalmologiste ou encore par le biais de télémédecine par transfert de rétinographie couleur (photographie couleur du fond d’oeil rétinien) d’un service d’endocrinologie vers un service d’ophtalmologie, ou par une rétinographie réalisée par un orthoptiste et adressé à un ophtalmologiste. Cependant, en dehors des campagnes mobiles des réseaux, aucun de ces professionnels n’est apte à se déplacer directement chez le patient pour des soins courants.

Depuis une dizaine d’années, des réseaux de dépistage de la RD se sont organisés (réseau de santé CAREDIAB en Champagne Ardenne, réseau OPHDIAT en Ile-de-France, réseau RESOLADI en Picardie), mais les initiatives restent insuffisantes et les patients diabétiques toujours examinés trop tardivement.

 
 
 

Imaginons un protocole permettant de déléguer la prise de la rétinographie couleur à une infirmière diplômée d’état, qui lors de ses tournées (y compris dans des déserts numériques et médicaux) et de ses soins, réalise les clichés adressés ensuite pour lecture et conduite à tenir en ophtalmologie. En effet, la rétinographie non mydriatique est un acte indolore non iatrogène qui ne nécessite aucune préparation ou intervention, ni aucune dilatation de l'œil. La seule formation nécessaire repose sur l’utilisation d’un rétinographe portatif. En cas d’absence d’un ophtalmologiste local, l’IDEL peut s’appuyer sur une plateforme d’appui spécialisée pour l’interprétation des rétinographies (télé-expertise).

Enfin, dans le cas d’une rétinographie anormale ou d’une situation diagnostiquée comme urgente, l’IDEL organise rapidement le transfert du patient vers une unité de soins ophtalmologiques tout en rassemblant les données collectées dans le Dossier Médical Partagé de son patient.

S’appuyer sur un réseau d’IDEL permettrait d’avoir accès directement aux patients les plus fragiles résidant dans des déserts médicaux.

 

S’appuyer sur un réseau d’IDE permettrait également de dépister en large volume, en incluant également le dépistage de la DMLA (Dégénérescence maculaire liée à l’âge) réalisé aussi à partir de rétinographie couleur.

L’ophtalmologie étant une spécialité en accès direct, l'accompagnement du patient par l'infirmière pour une téléconsultation avec un spécialiste est un acte reconnu et rémunéré 15€ quand il est réalisé depuis le domicile du patient (Avenant N°6 du 1er janvier 2020). Quant au spécialiste, il est rémunéré comme en présentiel selon le barème CPAM.

La mise en place de ce parcours pluriprofessionnel participerait à la réduction de la cécité liée à la DMLA et à la RD et donc en parallèle, à réduire les coûts de la dépendance qui en résultent.

 
 
 
Enfin, si pour réaliser cette procédure ophtalmo vous vous posez la question du “comment téléconsulter depuis un désert numérique ?”, je vous invite à parcourir les articles postés sur “Infirmières 3.0 : le Blog” afin de découvrir le Medibag, ce sac à dos connecté capable de re-créer un réseau wifi dans les zones blanches du territoire.
 

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Dispositifs médicaux, les nouveaux incontournables de la télémédecine ?

Publication : 28 octobre 2022
Affichages : 1687

Si l’expression “dispositif médical” appartenait uniquement aux univers industriels et médicaux jusqu’en 2020, elle a désormais intégré le langage courant du citoyen lambda. Et pour cause, ce dernier a découvert avec le confinement lié à la crise Covid, qu’il était possible de subir un examen para-clinique ailleurs qu’à l’hôpital ou chez un médecin, et d’en obtenir des résultats précis à valeur médicale équivalente.

Mieux, si la pandémie a largement ouvert la porte à une télémédecine qui peinait à se faire une place dans le sens commun depuis 20 ans, en une année, ce n’est plus un pas, mais une galaxie entière qui a été sautée. 15 mois après le 1er confinement, on attend même du “patient 2021” qu’il s’auto-diagnostique sous la supervision d’un médecin distant en utilisant des dispositifs médicaux mis à sa disposition dans des pharmacies ou des supermarchés. La télémédecine a donc de beaux jours devant elle, et c’est heureux étant donné la pénurie de médecins que nous traverserons encore durant les quinze prochaines années.

 
 
Mais revenons-en à nos dispositifs médicaux par lesquels on entend « tout instrument, appareil, équipement, matière, produit, accessoire ou logiciel” conçu à des fins médicales et dont la fonction est d’assister les moyens pharmacologiques, immunologiques ou métaboliques mis en œuvre pour préserver la santé. Ces dispositifs médicaux (que nous appellerons “DM”) sont classés de 1 à 4, et peuvent être, par exemple, des lunettes correctrices, des saturomètres/tensiomètres/oxymètres/thermomètres/glucomètres, des appareils d’échographie ou de dermatologie, etc.
 

L’accélération de la télémédecine s’est caractérisée par l’évolution de ces DM qui sont devenus des objets connectés.

 

L’accélération de la télémédecine s’est caractérisée par l’évolution de ces DM qui sont devenus des objets connectés. De nombreuses startups et autres grands groupes se sont notamment lancés dans la course au développement de DM connectés afin d’entrer sur de nouveaux “marchés”, parmi lesquels celui des professionnels de santé exerçant loin des grandes villes ou encore des patients résidant trop loin d’une agglomération pour prétendre à un suivi médical régulier.

 
 
 

En effet, dans le cadre d’une immobilité passagère ou permanente, du suivi d’une pathologie chronique, ou d’un isolement lié à l’âge, la télémédecine spécialiste s’invite plus aisément au chevet du patient pour collecter, via ces appareils, toute sorte de données médicales permettant d’éviter les complications, les hospitalisations et transports inutiles aux urgences. Mieux traités tout en restant à proximité de leur lieu de vie, les patients bénéficient alors d’une prise en charge plus rapide, fondée sur le rétablissement du lien ville / hôpital, et donc d’une véritable amélioration de leur parcours de soins.

 

Les tablettes et autres appareils de monitoring connectés ne peuvent fonctionner sans réseau disponible.

 

Et pourtant, depuis le début de votre lecture, vous entendez un “mais”.

Et vous avez raison.

Si tout ce que nous venons d’évoquer n’est que vérité et retours d’expériences terrains, une question reste inévitable : “Si ces DM dits connectés le sont véritablement, à quoi se connectent-ils dans les zones peu ou pas couvertes par les réseaux de communication et les opérateurs de téléphonie ?” Si soulever cette question peut sembler simpliste, cela n’en reste pas moins d’une évidente logique. Les tablettes et autres appareils de monitoring connectés ne peuvent fonctionner sans réseau disponible. À tel point que la plupart des constructeurs et développeurs, qui communiquent pourtant sur l’aspect connecté de leur(s) solution(s), le stipulent en toutes lettres dans leurs conditions générales d’utilisation. Nombreux sont donc les établissements de soins, les Maisons de Santé, les véhicules sanitaires et autres cabinets privés qui se sont dotés d’objets connectés qu’ils ne peuvent malheureusement pas utiliser sans dépenser également (et parfois sans succès au bout du compte) dans une couverture numérique du lieu concerné. Ce qui éloigne donc toute possibilité de se rendre au domicile du patient, impliquant donc de le faire déplacer pour le traiter.

 

À bien y réfléchir, l’idéal serait donc de pouvoir combiner la précision médicale des examens (qui n’est pas à remettre en cause) fournis par ces DM connectés, à une solution de transmission sécurisée performante depuis les zones grises et blanches du territoire.

C’est un sujet sur lequel nous avons tout particulièrement travaillé depuis 2015 au sein d’Alrena Technologies. Nous nous sommes rendus au cœur des départements de la Creuse, de la Dordogne, de l’Occitanie, du Cantal ou de la Normandie, et partout où nous sommes passés, nous avons prouvé que créer de la bande passante, et donc permettre la téléconsultation généraliste ou spécialiste via des DM connectés, relevait désormais du possible pour les déserts numériques.

 

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Les cabines de téléconsultations peuvent-elles régler le problème des déserts médicaux ?

Publication : 28 octobre 2022
Affichages : 1562

Bien qu’elle existe depuis septembre 2018, la téléconsultation doit son essor à la pandémie de Covid19 débutée en 2020. Accessible via des cabines de téléconsultations installées dans des pharmacies, des mairies ou des supermarchés, elle a permis à une partie de la population résidant dans des déserts médicaux d’accéder à des soins de santé de qualité. Ceux qui les ont utilisées ont rapporté l’extraordinaire technologie mise en oeuvre à l’intérieur pour faciliter les check-up médicaux fondamentaux (prise de tension, de température, poids, …), ainsi que le confort offert à l’usager qui s’installe sur un siège adapté et échange de vive voix au travers d’un écran plat avec le médecin disponible immédiatement pour le recevoir.
 

Résidant dans des zones qualifiées de « désert numérique», l’expérience digitale de cette population se caractérise par une connexion instable aux réseaux de téléphonie et un accès à internet limité.

 

Toutefois, comme le souligne le Vademecum de la télémédecine, qui dit téléconsultation implique garantie d’une communication orale et vidéo fluide entre le patient et son médecin. Et pour que cette fluidité soit possible, il faut bénéficier d'une (très) bonne couverture réseau.

En France, 60 % du territoire, soit 23 millions de ruraux, restent à couvrir en réseau à (très) haut débit. Résidant dans des zones qualifiées de « désert numérique » ou « zone blanche », l’expérience numérique de cette population se caractérise par une connexion instable aux réseaux de téléphonie et un accès à internet limité, voire inexistant. Par définition, si les cabines de téléconsultations répondent à la problématique posée par les déserts médicaux, elles ne constituent toutefois pas une réponse adaptée pour ces 23 millions de personnes.

 

Ces cabines permettent à la médecine d’aller à la rencontre de chaque patient et leur concept même repose sur un principe simple, celui de couper la poire en deux. A défaut de poire, c’est la distance et les déplacements des patients qui sont ici réduits, parfois même de 90%. Plus besoin de se rendre dans la grande ville de proximité, un médecin vient à la rencontre de chacun, dans sa commune ou son village.

Mais réduire la distance entre un patient et le système de santé reste encore insuffisant pour une autre tranche de cette même population rurale composée de ceux et celles souffrant d’une perte d’autonomie passagère ou permanente ou d’un isolement lié au grand âge. Pour ceux-là s’ajoutent la contrainte incontournable du dernier kilomètre à parcourir pour se rendre dans une cabine … qu’ils ne sauront ni ne voudront utiliser car ils ne sont pas technophiles.

 
André Accary, Président du département de Saône-et-Loire, est par exemple très sceptique sur les cabines de téléconsultations installées dans les mairies. «Pour avoir un diagnostic précis, il faut bien que de chaque côté vous ayez un professionnel de la santé averti». Même inquiétude de la part du Maire de Varzy, M. Gilles Noël : «Ça ne sert à rien d’avoir un EHPAD équipé d’un dispositif de télémédecine pour contacter le CHU s’il n’y a personne au bout du fil”.
 
 
 

La téléconsultation est un outil prodigieux pour lutter contre les déserts médicaux… mais elle ne doit être qu’un élément de la chaîne de solidarité médicale.

 

Quatre freins se distinguent donc quant à l’utilisation des cabines de téléconsultations :

  1. Il faut qu’elles soient installées dans des endroits très bien couverts par les opérateurs classiques;

  2. Elles ne s’adressent qu’à une population technophile

  3. … capable de se déplacer pour s’y rendre

  4. et également capable d’appréhender l’usage de dispositifs médicaux.

 

Un 5ème frein fait peu à peu son apparition : celui de la réticence des médecins quant à leur utilisation. Le mois dernier (Avril 2021), le Conseil national de l’Ordre des médecins s’insurgeait fermement contre la mise en place de cabines de téléconsultations dans des Monoprix, au titre qu’une téléconsultation doit être inscrite dans le parcours de soins coordonnés, et qu’un médecin ne peut prendre en charge un patient sans possibilité de procéder à un examen clinique, sans avoir connaissance du tissu sanitaire médico-social, et sans apporter une garantie que la continuité des soins pourra être assurée.

 

Si les cabines de téléconsultations constituent donc aujourd’hui un début de réponse à la problématique des déserts médicaux, l’application de la télémédecine pour tous et partout reste en cours de réflexion. Dans l’idéal, la solution la plus adaptée aux besoins de l’ensemble de la population française, urbaine comme rurale, devrait pouvoir cocher toutes les cases :

  • réseau en toute circonstance,

  • mobilité pour se rendre au chevet du patient,

  • sécurité des données,

  • accompagnement humain,

  • et sécurité du parcours de soins du patient.

 

Et si cette solution existait déjà… ?

 

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IDEL et Financements : un soutien concret de l'Assurance Maladie

Publication : 28 octobre 2022
Affichages : 1582

Depuis le 1er janvier 2020, les IDEL pratiquant une téléconsultation, de leur propre fait ou à la demande d’un médecin, sont rémunérées. C’est (enfin) acquis. 

 
 

Il devient alors nécessaire de se poser la question du matériel dont elles pourraient avoir besoin pour optimiser leurs téléconsultations et aider le médecin à compléter l’examen clinique.

Là, il y a foule au portillon : tensiomètre, thermomètre, saturomètre, stéthoscope, otoscope… Si les trois premiers cités n’ont pas forcément besoin d’être “connectés”, la famille des périphériques médicaux plus utiles s’ils le sont s’agrandit de jour en jour. 

 

L’optimisation de la téléconsultation a un coût supplémentaire pour l’IDEL, celui du matériel.

 
 

Un stéthoscope connecté permet au médecin d’écouter le cœur ou les poumons de son patient (+/-350€). Un otoscope connecté peut servir à envoyer la photo d’un tympan, même si le besoin est moins récurrent (+/-450€). Un ECG ouvre la voie des consultations spécialisées de cardiologie (+/-1500€), tout comme un rétinographe portatif qui détectera diabète et DMLA (+/-8000€) ou encore un appareil de biologie délocalisée (+/-9000€). 

Si la rémunération par acte est codifiée 15€ (code de l'acte "TLD") pour une téléconsultation à domicile, 10€ si elle est combinée à autre acte (code "TLS") ou 12 € quand elle est réalisée dans un lieu dédié de type maison médicale (code "TLL"), il n’est reste pas moins réel que l’optimisation de la téléconsultation a un coût supplémentaire pour l’IDEL, celui du matériel. Et sur ce point, il faut admettre que l’Assurance Maladie a bien pensé son sujet. Nous avons épluché bon nombre de pages du site web ameli.fr, et voici ce que nous avons trouvé.

 
 Commençons par les classiques, ces aides financières que tout le monde semble connaître sans vraiment les utiliser.
 
  1. Chaque infirmière libérale française peut souscrire à une aide unique "à la modernisation et à l'informatisation" de son cabinet à hauteur de 490 €. Il lui est même possible d'y ajouter un supplément de 100 € si elle est capable de prouver une organisation pluri-professionnelle (soit la mise en place d'un réseau de parcours de soins). 

  2. De la même manière, une aide annuelle destinée à l’organisation et l’informatisation d'un cabinet est disponible pour toute IDEL exerçant seule ou à plusieurs. D’un montant de 350 €, cette aide est versée individuellement, et est surtout renouvelable chaque année.

  3. Enfin, une aide financière consacrée à l’achat d’objets connectés est destinée aux IDEL, qu’elles exercent seules ou en cabinet. Elle se monte annuellement à 175 €, et est renouvelable chaque année. Un achat mutualisé devient donc particulièrement intéressant.

 
 
 
 
 

Le deuxième volet de ces soutiens financiers s’appuie sur la répartition des IDEL sur l’ensemble du territoire français. Ainsi la carte de France est désormais découpée en cinq zones bien distinctes dont deux nous intéressent tout particulièrement :

 
  • Les zones sous-dotées (peu pourvues) en infirmiers libéraux (1)

  • Les zones très sous-dotées (très peu pourvues) en infirmiers libéraux (2)

 
 

Les IDEL, selon qu’elles exercent dans la zone 1ou 2 pourront dorénavant compter sur des aides financières supplémentaires. 

 
  • Dans le cas d’une toute première ouverture de cabinet dans une zone très sous-dotée, une infirmière libérale pourra toucher une “aide à la 1ère installation” s’élevant à 37 500€, versée de manière lissée sur 5 ans. 

  • Pour une IDEL déjà en exercice, installée en zone dotée ou sous-dotée, une “aide à l’emménagement” sera perçue pour tout emménagement de son cabinet dans une zone très sous-dotée. Montant de l’aide : 27 500 € / infirmière libérale, et toujours lissée sur 5 ans. Si vous exercez en cabinet de groupe, sachez qu’il s’agit là d’une aide individuelle pouvant être demandée par chaque infirmière du cabinet.

  • Les IDEL exerçant déjà en zone très sous-dotée, ne sont pas oubliées pour autant puisqu’elles peuvent prétendre à une aide financière individuelle de 9 000 € répartis sur 3 ans, cette aide étant renouvelable tous les 3 ans aussi longtemps que le cabinet reste ouvert.

  • Enfin, si certaines exerçant en zone très sous-dotée, se sentent les qualités et l’envie de former les IDEL de demain, une aide financière leur est accordée tout le stage durant. Montant : 150 € / mois de stage.

Si l’on n’était pas encore certain que le gouvernement prévoyait, à l’avenir, de miser davantage sur les infirmiers libéraux, on peut désormais en être convaincu. 

 

D’autres aides sont encore à l’étude, reposant non plus sur le zonage français des IDEL, mais sur le niveau de dépendance de leurs patients. Ainsi, des forfaits journaliers pourraient être mis en place progressivement (de 2020 à 2023), allant de 13€ à 28€ par  jour et par patient, selon qu’ils soient dépendants, très dépendants ou complètement dépendants. Le sujet reste encore à l’étude car le Syndicat des Infirmiers Libéraux aurait perçu quelques incohérences qui seront, à n’en pas douter, prochainement résolues. 

 

****

 

L’idée selon laquelle l’IDEL doit prendre sa place au sein de la réorganisation du système de soins français, se concrétise enfin. Les conditions inhérentes à cette valorisation de la profession sont : Formation, Financement, et Équipement. 

La formation étant déjà acquise pour beaucoup (validation des compétences terrain pour devenir officiellement des Infirmières de Pratique Avancée), le financement est désormais disponible pour obtenir les équipements.

Reste à se procurer les outils médicaux et de transmission qui rendront possible cette organisation avant-gardiste de la médecine distante. 

 
 

Ps: Composez le 3608 pour être en lien avec la CPAM de votre secteur et savoir dans quelle zone vous vous situez.

 

IDEL et Financements : un soutien concret de l'Assurance Maladie (2)

Publication : 28 octobre 2022
Affichages : 1567

Depuis le 1er janvier 2020, les IDEL pratiquant une téléconsultation, de leur propre fait ou à la demande d’un médecin, sont rémunérées. C’est (enfin) acquis. 

 
 
 

Il devient alors nécessaire de se poser la question du matériel dont elles pourraient avoir besoin pour optimiser leurs téléconsultations et aider le médecin à compléter l’examen clinique.

Là, il y a foule au portillon : tensiomètre, thermomètre, saturomètre, stéthoscope, otoscope… Si les trois premiers cités n’ont pas forcément besoin d’être “connectés”, la famille des périphériques médicaux plus utiles s’ils le sont s’agrandit de jour en jour. 

 

L’optimisation de la téléconsultation a un coût supplémentaire pour l’IDEL, celui du matériel.

 
 

Un stéthoscope connecté permet au médecin d’écouter le cœur ou les poumons de son patient (+/-350€). Un otoscope connecté peut servir à envoyer la photo d’un tympan, même si le besoin est moins récurrent (+/-450€). Un ECG ouvre la voie des consultations spécialisées de cardiologie (+/-1500€), tout comme un rétinographe portatif qui détectera diabète et DMLA (+/-8000€) ou encore un appareil de biologie délocalisée (+/-9000€). 

Si la rémunération par acte est codifiée 15€ (code de l'acte "TLD") pour une téléconsultation à domicile, 10€ si elle est combinée à autre acte (code "TLS") ou 12 € quand elle est réalisée dans un lieu dédié de type maison médicale (code "TLL"), il n’est reste pas moins réel que l’optimisation de la téléconsultation a un coût supplémentaire pour l’IDEL, celui du matériel. Et sur ce point, il faut admettre que l’Assurance Maladie a bien pensé son sujet. Nous avons épluché bon nombre de pages du site web ameli.fr, et voici ce que nous avons trouvé.

 
 Commençons par les classiques, ces aides financières que tout le monde semble connaître sans vraiment les utiliser.
 
  1. Chaque infirmière libérale française peut souscrire à une aide unique "à la modernisation et à l'informatisation" de son cabinet à hauteur de 490 €. Il lui est même possible d'y ajouter un supplément de 100 € si elle est capable de prouver une organisation pluri-professionnelle (soit la mise en place d'un réseau de parcours de soins). 

  2. De la même manière, une aide annuelle destinée à l’organisation et l’informatisation d'un cabinet est disponible pour toute IDEL exerçant seule ou à plusieurs. D’un montant de 350 €, cette aide est versée individuellement, et est surtout renouvelable chaque année.

  3. Enfin, une aide financière consacrée à l’achat d’objets connectés est destinée aux IDEL, qu’elles exercent seules ou en cabinet. Elle se monte annuellement à 175 €, et est renouvelable chaque année. Un achat mutualisé devient donc particulièrement intéressant.

 
 
 
 
 

Le deuxième volet de ces soutiens financiers s’appuie sur la répartition des IDEL sur l’ensemble du territoire français. Ainsi la carte de France est désormais découpée en cinq zones bien distinctes dont deux nous intéressent tout particulièrement :

 
  • Les zones sous-dotées (peu pourvues) en infirmiers libéraux (1)

  • Les zones très sous-dotées (très peu pourvues) en infirmiers libéraux (2)

 
 

Les IDEL, selon qu’elles exercent dans la zone 1ou 2 pourront dorénavant compter sur des aides financières supplémentaires. 

 
  • Dans le cas d’une toute première ouverture de cabinet dans une zone très sous-dotée, une infirmière libérale pourra toucher une “aide à la 1ère installation” s’élevant à 37 500€, versée de manière lissée sur 5 ans. 

  • Pour une IDEL déjà en exercice, installée en zone dotée ou sous-dotée, une “aide à l’emménagement” sera perçue pour tout emménagement de son cabinet dans une zone très sous-dotée. Montant de l’aide : 27 500 € / infirmière libérale, et toujours lissée sur 5 ans. Si vous exercez en cabinet de groupe, sachez qu’il s’agit là d’une aide individuelle pouvant être demandée par chaque infirmière du cabinet.

  • Les IDEL exerçant déjà en zone très sous-dotée, ne sont pas oubliées pour autant puisqu’elles peuvent prétendre à une aide financière individuelle de 9 000 € répartis sur 3 ans, cette aide étant renouvelable tous les 3 ans aussi longtemps que le cabinet reste ouvert.

  • Enfin, si certaines exerçant en zone très sous-dotée, se sentent les qualités et l’envie de former les IDEL de demain, une aide financière leur est accordée tout le stage durant. Montant : 150 € / mois de stage.

Si l’on n’était pas encore certain que le gouvernement prévoyait, à l’avenir, de miser davantage sur les infirmiers libéraux, on peut désormais en être convaincu. 

 

D’autres aides sont encore à l’étude, reposant non plus sur le zonage français des IDEL, mais sur le niveau de dépendance de leurs patients. Ainsi, des forfaits journaliers pourraient être mis en place progressivement (de 2020 à 2023), allant de 13€ à 28€ par  jour et par patient, selon qu’ils soient dépendants, très dépendants ou complètement dépendants. Le sujet reste encore à l’étude car le Syndicat des Infirmiers Libéraux aurait perçu quelques incohérences qui seront, à n’en pas douter, prochainement résolues. 

 

****

 

L’idée selon laquelle l’IDEL doit prendre sa place au sein de la réorganisation du système de soins français, se concrétise enfin. Les conditions inhérentes à cette valorisation de la profession sont : Formation, Financement, et Équipement. 

La formation étant déjà acquise pour beaucoup (validation des compétences terrain pour devenir officiellement des Infirmières de Pratique Avancée), le financement est désormais disponible pour obtenir les équipements.

Reste à se procurer les outils médicaux et de transmission qui rendront possible cette organisation avant-gardiste de la médecine distante. 

 
 

Ps: Composez le 3608 pour être en lien avec la CPAM de votre secteur et savoir dans quelle zone vous vous situez.

 

Une histoire de médecins et de réseau

Publication : 28 octobre 2022
Affichages : 1630

Nous l’évoquions brièvement sur la page Facebook “Infirmières 3.0”, nous nous sommes forgés, depuis 2015, une solide réputation en matière de téléconsultation. Pour rappel, “nous” c’est une petite équipe de passionnés par le sujet de la télémédecine composée d’un médecin urgentiste, un spécialiste des radiocommunications et une adepte des nouvelles technologies au service de la santé.

En 5 ans, nous avons cogité, étudié, suggéré, consulté, développé et expérimenté la première solution de transmission permettant de réaliser des téléconsultations en temps réel, depuis 98% du territoire. Aujourd’hui, nous souhaitons vous dévoiler nos travaux afin que vous puissiez, en tant que professionnel(le)s nous partager vos sentiments quant à son éventuel usage dans votre quotidien de soignants.

Que les intolérant(e)s aux explications techniques se rassurent, si au terme de la lecture de cet article vous êtes perdu(e)s, nous promettons d'offrir notre tournée !

 

Constats

 

Née de deux constats, notre aventure a débuté en 2008 :

1- Les déserts médicaux en France allaient concerner, sous 10 ans, près de la moitié du territoire (bien plus finalement que les quelques millions de patients isolés sur lesquels les médias communiquent encore aujourd’hui)

2- Notre pays était peu ou pas couvert par les réseaux de communication classiques (SFR, Orange ou encore Bouygues) dès lors que nous sortions des grandes agglomérations. Aujourd’hui, les déserts numériques représentent toujours 60% du territoire et l’arrivée de la 5G n’améliorera rien pour les plus démunis de 3 et 4G (mais c’est un autre débat).

 

La réflexion était donc logique : pour permettre une télémédecine efficace, il fallait qu’elle soit mobile et connectée, et pour que cela soit le cas, il fallait pouvoir “amener” du réseau partout. Nous avons donc travaillé sur une technologie capable de couvrir les zones quasiment blanches du territoire afin de faciliter partout l’accès à la santé.

Voici comment nous y sommes parvenus.

 
 
 
 
 
 

Des zones blanches pas si blanches

 

Il existe très peu de zones totalement blanches en France. La majeure partie du temps, il y a des résidus de réseaux cellulaires. En revanche, ces résidus ne sont pas exploitables par un citoyen lambda tel que vous et moi, car présents en quantité trop infime. Ils peuvent également être issus d’un autre opérateur que le nôtre, ce qui rend leur captation impossible.

 

Certains services proposent, par exemple, des produits comportant plusieurs cartes SIM de différents opérateurs qui se connectent d’un réseau à un autre au fur et à mesure des déplacements de l’appareil. Ce fonctionnement, bien qu’utile, ne peut malheureusement pas offrir de connexion fluide et sans coupure, et ne peut donc pas répondre aux impératifs de la médecine d’urgence que nous nous étions fixés au départ.

 

Cessons de switcher : additionnons !

 

L’une des clés de notre technologie réside dans le fait de pouvoir additionner l’ensemble des résidus cellulaires disponibles sur une zone. Ainsi, en ruralité où les réseaux peuvent être différents en fonction que l’on se trouve sur son perron ou dans son jardin, notre solution récupère un petit peu de tous les réseaux pour reconstituer une bande passante globale, unique.

Par exemple, si à l’endroit où je me trouve sont disponibles 2% de Bouygues, 10% de SFR et 15% de Orange, la technologie reconstituera une bulle Wifi de 27%, me permettant de passer un appel audio ou visio sans risquer de coupure.

 

Mieux encore, nous avons travaillé à l’optimisation de cette bulle Wifi en rendant également possible l’addition de wifi public ou privé s’il y en a, mais également l’addition de satellitaire !

Cette dernière compétence technique exceptionnelle (nous en sommes très fiers!) a d’ailleurs été validée par le Centre National des Études Spatiales (CNES).

 
  
 
 
 
 

C’est ainsi que nous avons solutionné notre problématique numérique en donnant naissance, en 2016, à la 1ère valise connectée que nous avons appelée SmartMedicase. Cette valise applique le fonctionnement décrit ci-dessus et recrée automatiquement un réseau Wifi où qu’elle se trouve.

Depuis 3 ans, elle permet la connexion audio et vidéo, en temps réel, entre un infirmier(e) sapeur-pompier et un médecin urgentiste, situé à distance (peu importe la distance).

Jusqu’à présent, SmartMedicase a fonctionné sans utiliser la connexion satellitaire qui n’a été validée par le CNES que récemment. Mais avec les seuls réseaux cellulaires disponibles, elle a permis de couvrir les 90% d’un véritable désert numérique en Dordogne.

 
 
 
 
 
 

Transmettre des informations médicales précises

 

Restait donc à solutionner la problématique de pénurie de médecins. Nous avions du Wifi, mais ce qu’il nous manquait était de pouvoir transmettre des informations médicales précises, en temps réel, afin de rendre possible la téléconsultation (rappelons que nous sommes alors en 2016).

 

Nous avons donc toqué aux portes des grands industriels de la santé, à commencer par les groupes ABBOTT et PHILIPS, afin de partager notre idée… à laquelle ils ont adhéré. Progressivement nous avons pu commencer à interconnecter à la SmartMedicase des périphériques médicaux portatifs et interopérables (malgré eux!) parmi lesquels un ECG, un laboratoire de biologie délocalisée, des sondes échographiques ou encore un appareil d’ophtalmologie.

Ces périphériques médicaux permettent la réalisation, par l’intervenant médical, d’examens paracliniques, sur le terrain, dont les résultats sont transmis, en temps réel, au médecin distant qui les reçoit, via un logiciel d’exploitation, sur son PC.

 

La SmartMedicase a fait (et continue de faire) ses preuves en Dordogne. Une étude médico-économique a d’ailleurs été réalisée avec des résultats colossaux en matière de gain de temps médical, de gain de temps/coût de transports, de gain de temps d’intervention pour les patients, etc. Elle fera l’objet d’un nouvel article.

 

Une nouvelle aventure

 

Ce qui est intéressant, c’est que ce qui fonctionne pour la médecine d’urgence, est parfaitement adaptable à la médecine de soins programmés. C’est une réflexion que nous avions débuté il y a quelques mois, qui a été amplement accélérée par la crise sanitaire étant donné le confinement à domicile de patients atteints (entre autres) de maladies chroniques.

 

Nous avons décidé d’adapter l’usage et le format de la SmartMedicase aux besoins opérationnels que rencontreraient des infirmiers libéraux. La valise connectée se déclinerait ainsi en sac à dos, le SmartMedibag. Son objectif : permettre aux infirmiers libéraux de réaliser des téléconsultations avec leurs patients isolés / en perte d’autonomie, ou encore de renforcer les services de soins classiques pour le diagnostic, la surveillance et le suivi des traitements en cours de patients, qu’ils soient infectés ou non, dans le cas d’une nouvelle épidémie ou au quotidien.

 

Mais à l’heure où nous parlons, le SmartMedibag n’existe pas.

On ne pense jamais se tromper dans ses réflexions jusqu’au jour où celles-ci se confrontent à la réalité du terrain. Et là, c’est quitte ou double : soit nous sommes dans le vrai et nous parvenons à proposer un outil facilitant une réorganisation de notre système de soins... soit nous repartons de zéro.

Nous vous posons donc la question : que pensez-vous d’un tel outil ? Y trouveriez-vous une utilité ?

… Nous suivriez-vous dans cette aventure ?

 
  1. Les enjeux de mise en place de la téléconsultation

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